Manger des insectes. Voilà qui sonne comme une fantaisie, et pourtant, c’est une option bien réelle. Dans certaines régions d’Asie du Sud-Est, ces petites bêtes sont une ressource nutritionnelle majeure, apportant protéines, lipides et glucides en abondance. La diversité des espèces consommées est impressionnante, et la pratique s’étend aujourd’hui au-delà de ses frontières traditionnelles. L’Europe suit le mouvement : difficile d’ignorer la vogue actuelle autour des grillons, vers et autres fourmis à croquer. Certains se laissent tenter par une assiette de criquets, d’autres préfèrent cafards ou vers à soie. L’expérience intrigue, parfois repousse, mais séduit de plus en plus de curieux désireux de tester le goût atypique de ces aliments épatants.

Oui, il est possible de manger des insectes !
Adopter les insectes dans son assiette ne relève plus du défi improbable. Ceux qui apprécient les crevettes ou les escargots savent que parfois, ce sont les ingrédients inattendus qui surprennent le plus. Désormais, l’entomophagie s’invite dans la gastronomie européenne, transformant les criquets ou les vers de farine en entrées créatives. Les chefs jouent le contraste entre texture croustillante et présentation colorée. Un ragoût de vers de soie ou une omelette aux criquets prennent place à table, loin de tout aspect rebutant.
Des insectes au menu sur tous les continents
Dans de nombreux pays, différentes variétés d’insectes font partie des plats du quotidien. Voici quelques exemples fréquemment servis :
- Grillons
- Cafards
- Fourmis
- Crickets
- Scorpions
- Araignées
Ce mode alimentaire porte un nom précis : l’entomophagie. Dans certaines sociétés, cette habitude se transmet naturellement, y compris chez les plus jeunes. L’idée de croquer dans une larve ou un grillon surprend ailleurs, mais en Asie ou en Afrique, elle relève de la tradition ancrée. Dans les marchés thaïlandais, les marchands alignent larves et criquets à grignoter sur le pouce, impossible de passer à côté sans s’arrêter.
Une histoire de l’alimentation aussi ancienne que l’Homme
Manger des insectes, ce n’est pas céder à une tendance passagère. Depuis l’aube de l’humanité, ces petites proies composaient le menu des chasseurs-cueilleurs. Bien avant que le bifteck s’impose dans les menus européens, on se nourrissait déjà d’abeilles sauvages ou de cigales. Les archéologues ont mis à jour, en Espagne, des restes d’abeilles cuisinées ayant plus de 30 000 ans. Dans la Rome ou la Grèce antiques, les larves de coléoptères et les sauterelles s’invitaient lors de banquets, appréciées pour leur goût et leur pouvoir nourrissant.
De génération en génération, la récolte d’insectes s’est intégrée dans l’alimentation quotidienne de nombreuses cultures. Les textes anciens l’attestent : ces ingrédients faisaient pleinement partie du paysage culinaire, bien loin du simple effet de mode d’aujourd’hui.
Un vrai concentré nutritif venu d’ailleurs
Si l’on met de côté l’appréhension, force est de reconnaître que les insectes n’ont rien à envier à la viande traditionnelle. Plusieurs études de la FAO réunissent un constat : le grillon ou la larve regorgent de protéines, d’acides gras, de vitamines et de minéraux utiles à l’organisme. Leur point fort : un apport calorique moindre qui épargne certains excès typiques de la viande grasse. Selon la FAO, près de 3 milliards de personnes incluent déjà régulièrement les insectes dans leurs repas. La porte est grande ouverte à ceux qui souhaitent repenser leur menu, tout en explorant des saveurs inédites.
L’élevage d’insectes comestibles : le pari gagnant des entrepreneurs européens
L’engouement ne retombe pas. D’année en année, la consommation d’insectes attire de nouveaux publics : végétariens curieux, amateurs de gastronomie ou simples novices à l’esprit ouvert. Un filon que de jeunes entrepreneurs n’ont pas laissé passer. Dans plusieurs pays européens, des sociétés audacieuses se lancent dans la production de vers de farine ou de vers à soie, exploitant de petits espaces avec un rendement élevé. Cette dynamique ne passe pas inaperçue chez les chefs : certains, étoilés, revisitent leur carte en y glissant grillons ou larves, accompagnés de sauces raffinées.
Ce mouvement discret, mais tenace, redessine l’avenir de l’alimentation. Peut-être qu’un jour, partager un plat de grillons deviendra un classique du déjeuner en ville.

